Jeremy Wood

Artiste

Il est un pionnier dans les dessins réalisés grâce à un système GPS. Il explore les qualités expressives de la ligne, en utilisant la technologie satellite et son propre corps comme un crayon géodésique.

Dans ses précédents travaux, les lignes sont des fils de coton, comme celui de l’araignée ou du ver à soie enroulé autour d'un corps humain puis évasé pour créer une forme à deux dimensions. Dessiner - à la fois l'activité de la main dans la manipulation des fils et l'inscription des traces exige une intimité ininterrompue. Ses gestes terrestres, que ce soit la marche, la tonte du gazon, la natation ou le vol et leurs traces ressemblent à un système nerveux interne extériorisé. Ou à un fantôme de traces gravé dans le paysage comme les chemins formés par les traces des animaux.

Il a présidé de nombreuses conférences publiques et dirigé des master classes de cartographie qui attirent des centaines de participants de tous les âges.

Présélectionné pour les Nouveaux contemporains vedettes du New York Times’ : « Year in Ideas », ses cartographies personnelles ont été exposées dans plus de cinquante expositions au Royaume-Uni et à l'étranger, et sont actuellement détenues dans des collections privées et publiques, y compris au Musée du transport de Londres et au Victoria and Albert Museum.

PORTRAIT

DESSINE AVEC SES PIEDS

Nos appareils connectés fournissent des données de géolocalisation à l’infini…. Cet artiste londonien s’en empare, les détourne ou en génère pour des créations graphiques qui renouvellent la perception de notre environnement.
 
" Merci à l’armée américaine pour avoir inventé le GPS ! ", s’amuse Jeremy Wood. Qu’il roule, marche, skie ou vole, cet artiste londonien de 42 ans a adopté cet outil de géolocalisation désormais présent dans tous nos smartphones pour tatouer très finement la surface de la terre. Les données récupérées par les satellites lors de chacun de nos déplacements sont le matériau de son travail artistique. Dans My Ghost, il nous donne ainsi à voir quinze années d’allers et venues dans la capitale britannique de 2000 à 2015 : une nébuleuse de fils bleus, éloge de cette ville grouillante dont il devient le seul cartographe. Pour Meridians, il a arpenté durant plusieurs semaines le méridien de Greenwich, référence universelle pour le calcul des positions terrestres, pour y écrire une phrase de Melville sur l’impossibilité de placer les lieux qui comptent sur une carte géographique. Parfois, il utilise des auxiliaires dans ce minutieux travail de dessin : après les dameuses, tracteurs ou parapentes de nos massifs et stations de ski, les étudiants du campus universitaire de Grenoble ainsi que les employés chargés de l’entretien des espaces verts seront mis à contribution cet automne, dans le cadre de Paysage Paysages, pour tracer « leur » territoire. Un mode d’exploration du monde, et une invitation à nous réapproprier ces technologies qui nous surveillent.
 
Source : numéro spécial d’Isère Mag