Paysages Croqués

IMPRESSIONS, EXPRESSION
 
Croquis, dessins, bande dessinée… Le paysage se prête à toutes les formes d’expression.
 
Le paysage est en nous. La nature est un prétexte », écrivait l’artiste dauphinois François-Auguste Ravier (1814-1895). Et c’est sans doute parce qu’ils en ont saisi toute l’intensité esthétique, que des illustrateurs, peintres et dessinateurs revisitent inlassablement ce sujet, arpentant leur territoire à la recherche d’émotions. Longtemps resté au second plan, servant de faire valoir à des scènes religieuses ou historiques, le paysage a changé de statut pour devenir le sujet principal de nombreux artistes. « Au XIXe siècle, on assiste à un grand tournant. Les peintres participent  à l’illustration de guides et d’inventaires. Dans un souci de réalisme, tous les artistes sortent désormais de leur atelier pour travailler au grand air sur le motif. Cette démarche est facilitée par l’invention du tube de peinture et du matériel portable, rappelle Laurence Huault-Nesme, conservatrice du musée Hébert à La Tronche. Des peintres comme Turner qui traversent les Alpes pour gagner l’Italie sont frappés par la beauté des paysages et notent à main levée leurs impressions. » 
 
> LE GRAND RETOUR DU DESSIN
 
Il en va de même pour le dessin. Après avoir longtemps servi de base aux études préparatoires des tableaux, il est aujourd’hui considéré comme un art à part entière et exposé en tant que tel. Des jeunes artistes reviennent à la source du trait en dessinant sur le motif… comme les anciens. Exemple, le collectif des “Urban sketchers”, des illustrateurs qui renouent avec la tradition du carnet de voyage tombé en désuétude après l’invention de la photographie. « Cette forme d’expression se pratique à plusieurs sur les places, dans les rues ou dans les cafés, au milieu des gens. On se donne rendez-vous sur Internet. On vient nous voir, on échange des impressions, on vit des aventures, on prend des notes qu’on intègre dans nos dessins », explique David Magli, 42 ans, alias Emdé, originaire de Murianette dans la vallée du Grésivaudan. Nous sommes des voyageurs-dessinateurs. Notre art est populaire et nécessite peu de moyens. » À l’inverse, les planches souvent léchées réalisées en chambre par les dessinateurs de bande dessinée sont savamment scénarisées. Les paysages, qu’ils soient symboliques, imaginaires ou réalistes y tiennent une grande place. Les Alpes et la montagne en général ont ainsi nourri l’imagination de générations de scénaristes et d’illustrateurs. L’exposition PIC & BULLE. La montagne dans la BD. présentée en décembre au Musée de l’Ancien Évêché, dévoile le lien très étroit qui unit dès l’origine le “neuvième art” et la montagne. En effet, la bande dessinée est née avec les histoires en estampes du Suisse Rodolphe Töpffer en 1827… dans les Alpes ! 
 
Source : n° spécial d’Isère Mag