Chris Kenny

Artiste

Né en 1959, il a étudié l’histoire de l’art au prestigieux Institut Courtauld de Londres. Il a débuté sa carrière par la peinture. « Que vaut mon coup de pinceau après les milliards qui l’ont précédé ? » : à partir des années 90, le poids de l’histoire le conduit à composer un univers à partir de fragments arrachés au quotidien, aux livres, à la nature.

Chacune de ses pièces invente un monde nouveau. Chris Kenny raconte des récits, décrit des paradis, crée des paysages. Cartes géographiques, brindilles, tableaux, phrases, photos, formes et couleurs sont ainsi assemblés non pour accumuler mais pour libérer l’énergie du réel. L’inquiétante étrangeté devient félicité lumineuse. En affrontant l’impuissance des mots, la poésie de Kenny nous emmène vers l’au-delà de la géographie.

Les œuvres de Chris Kenny figurent dans les collections prestigieuses du British Museum et du Victoria & Albert Museum.
Avec une quarantaine d’œuvres exposées au musée Hébert, cette exposition est la première présentation d’ampleur dans un musée français.

Portrait

LES CARTOGRAPHIES IMAGINAIRES

Cet artiste britannique, historien de l’art, fait appel à toutes ces représentations dont nous sommes imprégnés inconsciemment pour recomposer un monde à notre image. À chacun son coin de « paradis »…
Bribes de textes, fragments de cartes découpées, brindilles : à la manière d’un entomologiste, le plasticien anglais Chris Kenny collecte depuis une quinzaine d’années des éléments disparates qu’il épingle dans des boîtes de carton, associées par formes et par couleurs. Des « tableaux » en relief qui forment autant de mappemondes imaginaires, propices à l’évasion. Dans d’autres séries, les éléments ,de reliures ou de tableaux de paysages chinés aux puces composent des assemblages géométriques colorés ou des mots évocateurs de bonheur en formes de maisonnettes : Arcadia, Eden, Paradise, Utopia… Aucun lieu connu n’est représenté ici, mais tout un chacun peut voir ressurgir, dans ces paysages recomposés à partir de peintures d’amateurs, son propre coin de paradis fait lui aussi de souvenirs, d’émotions ou d’images accumulées – Voltaire ne disait-il pas que « Le paradis, c’est là où je suis »… « Personne n’est totalement ingénu face à un paysage ou à une carte », explique le philosophe Guillaume Monsaingeon, qui a invité cet artiste britannique pour Paysage Paysages. Chris Kenny, qui est aussi historien de l’art, nous renvoie à toutes ces représentations dont nous sommes imprégnés pour recomposer le monde à sa façon. » Le musée Hébert, l’un des dix musées départementaux, lui consacre sa toute première exposition personnelle en France. 

Source : numéro spécial d’Isère Mag