Ingrid Saumur

Paysagiste

Ingrid Saumur est paysagiste et cartographe. Diplômée de l'école Nationale Supérieure du paysage en 2009, elle expérimente une pratique multiple entre maîtrise d'oeuvre, productions cartographiques, promenades urbaines, ateliers participatifs, et enseignement.  Depuis 2009, la représentation sensible des territoires par la cartographie fait partie de ses sujets de recherche et d'expérimentation, notamment autour de la notion de voyage ordinaire. En 2014, elle s’associe à Anne Lise Monnet autour de FAR Paysagistes (www.far-paysagistes.com) qui développe une activité de maîtrise d'oeuvre en milieu rural et péri-urbain, ainsi que des interventions de médiation autour des paysages, en lien avec les habitants.

Publications de cartographie :

  • "Lyon, vallée de la Chimie : traversée d'un paysage industriel", Editions Libel, 2015
  • "Le Voyage, la carte et le récit" in Les Carnets du Paysage numéro 20 - Cartographies - Editions Actes Sud

 

PORTRAIT

UN VOL D’OISEAU SUR LE DRAC ET L’ISÈRE

Quand arpentages, rencontres et imaginaire inspirent une représentation cartographique originale des cours d’eau… 30 km d’eau sur 5 mètres de papier !

Sur la carte IGN dépliée, Ingrid Saumur suit du doigt les kilomètres déjà parcourus à vélo le long du Drac et de l’Isère. Elle a consigné ses premières impressions dans un carnet, compilant des croquis, des notes. Tout en continuant à arpenter les méandres des rivières, cette jeune paysagiste et cartographe venue de Lyon complète sa collecte par des échanges avec des usagers croisés au fil du chemin, desrencontres avec des naturalistes, des historiens. « J’ai besoin de connaître toutes les facettes, de comprendre la différence de formation de ces deux rivières, qui ont chacune leur ambiance. » Du 6 octobre au 4 novembre, elle s’installera à la Maison de l’architecture de Grenoble pour dessiner une carte représentant une portion de 30 km de ces deux rivières, sur un support de plus de 5 mètres de long. « C’est une sorte de vol d’oiseau qui doit révéler des paysages, tout en mêlant des données anciennes et récentes. J’ai vu par exemple un panneau qui évoque l’existence d’un ancien port vers Gières : si je trouve des informations sur le sujet, je vais le dessiner ! Mon travail va être une synthèse de différentes visions, mêlant une part d’imaginaire et un ancrage dans la réalité. Cela permet de renouveler le regard que l’on porte sur le territoire. » 

ENTRE IMAGINAIRE ET RÉALITÉ 

Pour son diplôme d’études à l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles, Ingrid avait déjà réalisé une cartographie de Paris au Havre il y a sept ans... « C’est assez génial de se voir confier un travail comme celui-là, où la finalité est le dessin. J’ai ma place en tant que paysagiste, à cheval entre l’aspect artistique et une vision plus affirmée de la lecture de paysages. La démocratisation totale du rapport à une oeuvre, cela me parle. Et puis je viens de la campagne et je retrouve ici la question du vivre ensemble et de l’autonomie dans un paysage et un milieu rural ; beaucoup de choses s’y jouent et cela me touche. » Conquise ? Elle vient d’emménager en Isère... 

Source : numéro spécial d’Isère Mag