Jadikan

Artiste

Jadikan pratique le "lightpainting", une discipline se rapprochant du Street Art, de la performance, ou encore de la calligraphie. Il fonde en 2008 le Jadikan Lightning Project pour des collaborations lumineuses. ("jadikan" est un mot malaisien qui signifie faire, créer, transformer.) Il ne cesse de travailler sans retouche cette "technique photographique" pour maîtriser tout ce qui s'imprime sur la rétine de son objectif et présenter les "mondes" dans lesquels il voyage. Les faubourgs d'ombre sont son royaume, la lumière sa terre d'exil.

INTERVIEW

JADIKAN ARTISTE ÉCLAIRÉ

Le photographe isérois Jadikan pratique le light painting : il « croque » bâtiments et paysages avec la lumière. Ses dernières créations seront exposées au Musée de la Houille blanche à Villard-Bonnot.
 
Isère Mag : Qu’est-ce que le light painting ? 
Jadikan : Light painting signifie peinture avec la lumière. Il s’agit d’une technique de prise de vue photographique combinant un temps de pose long (de 1 à 30 secondes) avec une source lumineuse mobile : bougie, lampe, briquet… qui se pratique dans l’obscurité totale. Le light painting existe depuis les débuts de la photographie. Picasso et Man Ray l’ont utilisé. Tout l’art réside dans la capacité à associer l’intensité de la lumière avec le temps de pose de l’appareil. Contrairement au street art, ,on intervient dans un lieu sans laisser de trace de son passage. Il ne reste que la photographie.
 
I.M : Comment avez-vous découvert le light painting ? 
J. : Par hasard. Économiste de formation, je ne m’imaginais pas devenir artiste. ,En vacances au Laos, j’ai photographié le mouvement d’un mégot de cigarette éclairé à la bougie. Surpris, j’ai voulu reproduire cette photographie. De là est née une véritable passion. En 2008, j’ai commencé à exposer. Aujourd’hui, mon travail évolue vers des chorégraphies lumineuses. Il en ressort un univers où l’émotion esthétique est forte, dans un espace entièrement redessiné. 
 
I.M : Quelles sont vos sources d’inspiration ? 
J. : C’est avant tout l’espace urbain : les friches industrielles, les entrepôts, les uines et immeubles désaffectés… Les usines et les barrages de la Romanche, à la source de l’hydroélectricité, se sont imposés comme un sujet de prédilection. On y ressent une grande énergie. Et c’est cette force que j’ai voulu mettre en lumière à travers dix grands tirages. Il sera aussi possible de découvrir une demi-douzaine d’oeuvres stéréo à l’aide de visionneuses ou de voyager dans des paysages imaginaires avec un casque sur les yeux permettant de voir des images à 360°. 
 
Source : numéro spécial d’Isère Mag