Mathieu Pernot

Photographe

Le travail de Mathieu Pernot est traversé par des thématiques récurrentes sur la question de l’enfermement, de l’urbanisme ou de l'exclusion. Il aborde l’histoire contemporaine en interrogeant la nature du regard porté et le dispositif photographique qui l’accompagne. Chez Mathieu Pernot, la photographie n’est pas seulement une trace du monde, elle en devient le médium constitutif et quelquefois le moteur. Elle fait pleinement partie de l’histoire qu’elle contribue quelquefois à écrire. Il a obtenu le prix Niépce en 2014 et le prix Nadar en 2013. Dernières expositions personnelles : en 2016 Aichi Prefectural Museum of Art, Nagoya ; Festival international de photographie de Jaffa, Tel Aviv ;   Memorial du camp de Rivesaltes. En 2015 : FotoMuseum, Anvers ; Musée Picasso, Valloris ; Galeria Senda, Barcelone ; en 2014 : Musée du Jeu de Paume, Paris ; Maison Rouge, Paris ; Galerie Eric Dupont, Paris.

PORTRAIT

VUES DE LA VILLENEUVE

Un paysage, c’est aussi celui que l’on voit tous les jours depuis sa fenêtre : un paysage que l’on habite autant qu’il ,nous habite. Le photographe Mathieu Pernot nous invite à nous interroger sur nos perceptions de la cité idéale.
 
A 46 ans, Mathieu Pernot, originaire de Fréjus, est l’un des photographes français les plus en vue et originaux de sa génération. Il nous donne à voir sans clichés les franges de la société avec ses laissés-pour-compte ou ses non-lieux (campements de roms, asiles psychiatriques,…). Des images fortes et parfois dérangeantes, en prise totale avec le réel, qui par leur format souvent hors norme et leur côté frontal nous placent au centre de la scène. Dans son travail autour des implosions d’immeubles spectaculaires en banlieue parisienne, exposées à la Maison de l’architecture de Grenoble (après le Musée du Jeu de Paume à Paris), malgré l’usage  du noir et blanc, on ressent physiquement la puissance du souffle explosif dans le nuage de poussières. En parallèle, l’auteur a agrandi une série de cartes postales en couleur montrant ces mêmes grands ensembles flambant neufs dans les années 1960 : « Ils étaient alors un symbole de confort, moderne », rappelle Mathieu Pernot. Pour Paysage Paysages, le photographe ,a posé son objectif sur le quartier de la Villeneuve, à Grenoble… mais vu de l’intérieur des appartements cette fois. Posté aux fenêtres avec leur double cadre de bois, il nous donne à voir la cité, ce paysage urbain typique des utopies des années 1970, aujourd’hui érigé en contre-modèle.
 
Source : numéro spécial d’Isère Mag