Marie Chéné

Artiste

Elle identifie des corpus de mots, dont elle explore ensuite les richesses. Elle écrit notamment avec des noms de communes, d’îles, avec des plaques de rues, des pistes d’audioguides, des pages de journaux.
Nous tournons en rond dans la nuit, film réalisé avec Didier Nadeau, a obtenu le Prix du public lors de la Nuit de l’Instant organisée par les Ateliers de l’Image en mai 2016 à Marseille.
En décembre 2015, elle a élaboré le projet Mot compte triple avec David Poullard, et le soutien de Fotokino, Nicole Crême et La Ville Blanche.
Ses Feuilles de routes, poèmes cartographiques, itinéraires poétiques, ont été publiées par le mensuel Le Tigre.
Membre de l’OuCarPo (Ouvroir de Cartographie Potentielle), elle a participé aux expositions Alpha, beta, carta (parc culturel de Rentilly, 2015, et cipM de Marseille, 2015) et Domaine des murmures I et II (château d’Avignon, 2014 et 2015) en collaboration avec Pascal Messaoudi.
Le Lièvre de Mars (Marseille) lui a consacré deux expositions personnelles : Couples, en 2012, et Suppléments littéraires, en 2013.

 

PORTRAIT

CHERCHER LE MURMURE LES JEUX DE MOTS DE MARIE CHÉNÉ
 
"J’ai envie de laisser le paysage finir mes phrases…"
 
Qui veut jouer à l’écho ? Ricocher avec les mots ? Une vingtaine de sites isérois propices à la résonance ont été répertoriés, en montagne mais pas que. Pour chacun, Marie Chéné propose un jeu de mots adapté. Cherchez le murmure...
Marie,les mots, elle les collectionne, les classe, les coupe, les entrechoque, les organise à sa façon, pour leur donner couleurs et sonorités : les noms de villes et de villages avec un sens commun, Menton, Paris... Des mots à plier, que l’on peut couper en deux : valeur/va leur. Des couples étranges : bottin/bottine. Des cousins : la livre/le livre. Pour Paysage>Paysages, cette artiste littéraire de 45 ans, qui vit aujourd’hui à Marseille, a exploré les lieux d’échos et les rimes. Elle s’est inspirée de chaque paysage et de sa texture particulière : le cirque de Saint-Même, les gorges du Manival, un champ près du col du Coq en Chartreuse... Sur la carte de son grand, jeu de l’écho, chaque site est relié aux mots qui font sonner le paysage. Par exemple : à qui sait attendre/t’attendre/tendre.
« J’ai envie de laisser le paysage finir mes phrases, de lui offrir des paroles qu’il puisse me retourner chargées d’autre chose. Cette envie de travailler sur l’écho vient du fait que j’ai constamment le nez collé sur la langue : j’ai donc remarqué que certains mots non seulement « riment », mais que cette rime produit du sens. Par exemple « A petite dose, ose ». Ou « Effleure l’heure ». Phénomène mécanique bien connu, l’écho n’a rien de magique, mais garde son potentiel d’émerveillement et d’émotion. Selon l’humidité de l’air, l’éloignement du crieur, l’heure de la journée, vous obtiendrez des effets toujours renouvelés. Lancez les mots de Marie Chéné au vent. Ils ne résonneront
 
Source : numéro spécial d’Isère Mag